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Jeudi 27 octobre 2005

BIENVENUE !!

Oui, bienvenue à vous qui venez d'accéder à mon tout nouveau blog. Il sera ici question d'automobiles, et rien que d'automobiles. Les articles que je vous proposerais seront consacrés à un thème, une marque ou un modèle en particulier, et illustrés de photos issues de ma collection personnelle de modèles réduits (plus de 2000 à ce jour !!) ou des différentes manifestations auxquelles je me rends un peu partout en France.

Merci de votre visite, bonne lecture. Puissiez vous prendre autant de plaisir à lire ces messages que j'en ai à les écrire...

 

50ème ANNIVERSAIRE DE LA CITROEN DS

Une Citroën DS 19 de 1955. La même classe, 50 ans après...

C'est le 6 octobre 1955, dans le cadre du salon de l'auto de Paris, que Citroën dévoile le modèle qui marquera à jamais son histoire et sa marque : la DS 19. Dès le début, la voiture étonne, fascine ou agace, mais elle ne laisse personne indifférent. Et le succès commercial ne se fait pas attendre, puisque dès les premiers jours de commercialisation, Citroën enregistre 12 000 commandes !!

Le projet de la DS est lancé dès 1938 par Pierre Boulanger, alors PDG de Citroën, qui en trace les grandes lignes directrices. Mais la seconde guerre mondiale qui éclate met la DS en sommeil. Ce n'est qu'en 1950 que la voiture ressort des cartons des usines du quai de Javel, sous la direction d'André Lefebvre, ancien ingénieur aéronautique.

En 1955, la DS est très en avance sur son temps et sur la concurrence. On peut même dire qu'elle le restera tout au long de ses vingt années de carrière, au cours desquelles 1 455 000 voitures seront produites. D'ailleurs, si vous avez l'oeil, vous pourrez repérer ans le film "Retour vers le futur" un étonnant véhicule censé représenter un taxi des années futures derrière lequel se cache une DS ! C'est là un beau symbole de son avancée technologique...

La principale inovation technologique de la DS c'est, bien sûr, l'hydraulique. Elle est la première voiture à généraliser les systèmes hydrauliques centralisés, notamment pour sa direction et sa suspension qui lui vaut une tenue de route et un confort exceptionnel... Bien que certains passagers arrières, notamment les plus jeunes, se souviennent encore des nausées qui les assaillirent...

L'histoire raconte que c'est aussi cette suspension qui sauva la vie du Général De Gaulle lors de l'attenta du Petit Clamart en 1962. En effet, malgré ses pneus crevés, la DS présidentielle garda son cap lorsque le chauffeur du Général lui ordonna d'accélérer pourse sortir du piège. Tout autre modèle de l'époque serait inévitablement parti en tête à queue. Mais pas la DS...

Outre cet épisode historique, la DS s'est également illustrée en sport. Elle a ainsi remporté l'édition 1959 du rallye de Monte Carlo.

Les 8 et 9 octobre 2005, tous les amoureux de la DS se sont retrouvés à Saint Quentin en Yvelines (78) et à Paris. Le samedi 8, les voitures devaient se rassembler dans le parc de Saint Quentin. Face à l'affluence (plus de 1600 voitures présentes), les organisateurs ont dû ouvrir les portes du parc une heure plus tôt que prévue pour désengorger les rues environnantes, totalement paralysées.

C'est le même embouteillage qui a pu être aperçu le lendemain dans les rues de Paris, entre l'Arc de Triomphe et la Tour Eiffel. Près d'un millier de DS, venues en convois de 50 voitures depuis Saint Quentin, ont paradé dans la capitale, à grands renforts de klaxxon. Ce fut l'occasion de voir, voire même de découvrir, des modèles rares venus des quatre coins du monde : France, Allemagne, Pays-Bas, Portugal, Pologne, Norvège, Suède, Suisse et même Australie !!

 

Après les mots, l'image. Voici quelques photos de DS, petites ou grandes...

Un des tous premiers modèles de DS (1955), reconnaissable à son toit non peint

Un autre modèle, venu de Suisse

Les mêmes en miniature. De gauche à droite, une DS 19 de Solido, une autre de Vitesse et la dernière est cele proposée par Universal Hobbies dans la collection presse "Passion Citroën"

Une autre version qui se distingue des précédentes par ses enjoliveurs et son carrénage avant. Elle est signée Del Prado, pour une autre collection presse

Deux autres DS 19 réalisées par Norev. La rose, munie de ces prises d'air sur les ailes, est une version rare

Les cabriolets étaient également présents en nombre important, qu'ils soient réalisés par la marque Citroën elle-même ou par le carrosssier Henri Chapron

Les cabriolets en miniature : le bordeaux découvert est signé Norev, le jaune capoté, Solido. Notez la présence des prises d'air sur les ailes de ce second modèle

 

Une DS 23 dotée d'un toit en vinyl. Son état de conservation est tout simplement remarquable.

La DS 23 en miniature. La grise a été fabriquée par Nostalgie, la verte par Rio

Une autre DS 23, ici dans sa version Pallas. Elle est cette fois l'oeuvre de Norev

Encore une DS 23, mais ce modèle est doté de nombreuses options. Notez le toit en vinyl, les enjoliveurs, le pare-soleil et les projecteurs additionnels... Entre autres...

Voici un modèle rarissime en France. Il s'agit d'une DS produite pour être commercialisée aux USA. Amusez vous à repérer les différences par rapport aux modèles européens (NB les roues de ce modèles ne sont pas celles d'origine)

Toujours des DS, mais ce sont cette fois-ci des 21. Elles sont signées Norev

Les DS break étaient également présentes. Celle-ci est superbe. On la croirait tout juste sortie d'usine. Et pourtant...

 

Une autre DS break, dans une version ambulance. Elle est, elle aussi, dans un état de conservation remarquable, y compris sa sirène d'époque !!

A gauche, une DS 23 de Solido. A droite, une DS 19 de Norev. Ci-dessous, encore une DS 19 de Norev, cette fois dans une version ambulance

Encore un autre break, mais un peu plus original celui-ci. Il s'agit de la reproduction d'un véhicule utilisé par le cirque Pinder-Jean Richard pour faire sa publicité dans le milieu des années 70

Autre voiture originale, cette reproduction du break DS utilisé par la Radio Télévision Luxembourgeoise pour retransmettre certaines épreuves sportives, tel que le Tour de France. Le cameraman prenait position sur le toit et la voiture était munie d'une mini régie finale

Voici d'autres DS, mais dans des versions beaucoup moins courantes, à commencer par cet étonnant coupé deux portes

Autre modèle, cette berline réalisée par le carrossier Henri Chapron. Malgré son originalité, elle n'a pas l'élégance du modèle original...

Une DS 23 dont le sponsor était tout à fait approprié en ce 9 octobre sur le Champ de Mars...

Voici une dépanneuse étonnante, tant pas on look que par la longueur de son chassis

Voici la réplique du célèbre break PLR (le vrai était présent à Saint Quentin). Il s'agit d'un véhicule unique réalisé par Citroën pour Michelin afin que le manufacturier de Clermont Ferrand puisse tester ses prototypes de pneus sur circuit avant mise en production.

Une DS 19 officielle (notez la cocarde sur le pare-brise...) Elle est l'oeuvre de Solido

La miniature de la célèbre DS limousine réalisée par Chapron pour la présidence de la république française. La hauteur du toit avait été calculée pour que le général de Gaulle puisse se tenir dans la voiture sans être gêné par son képi sur la tête. Le modèle original, qui n'a que très peu roulé, est toujours conservé dans les garages de l'Elysée. Notez l'immatriculation : 1 PR 75 (PR pour Présidence de la République) Plus tard, la SM limousine arborera l'immatriculation 2 PR 75. Les numéros 1 à 10 ont été réservés par l'Elysée dans la série PR 75.

La miniature est signée Dinky Toys, l'escorte Norev

Une DS 19 de Solido, mais cette fois à l'échelle 1/18. Un mécanisme permet de moduler la suspension de la voiture, comme sur la vraie.

Et pour terminer, une petite photo de famille. Bon anniversaire à la DS !!...

Par Enzo
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Samedi 19 novembre 2005

LES VEHICULES DU CIRQUE PINDER

L'histoire du cirque Pinder :

Le cirque Pinder est né Outre-Manche au XIXème siècle par deux frère : William et Georges Pinder. Vers 1855, ils décident de venir présenter leur spectacle équestre en France. Par la suite, et devant le succès rencontré, le cirque ne quittera plus jamais notre pays.

Au début du XXème siècle, ce sont les deux fils de William qui ont repris la direction de l'établissement familial. Mais la première guerre mondiale les oblige à mettre en sommeil leur activité durant les années de troubles. Sitôt le conflit terminé, le cirque Pinder reprend sa route. Mais en 1924, l'un des deux frères, Arthur, décède. Et malgré tous les efforts que mettra sa famille en œuvre pour pérenniser le spectacle, le cirque Pinder sera finalement vendu en 1928.

Ce sont deux autres frères, Charles et Roger Spiessert, qui rachètent l'établissement, dont ils choisissent de conserver le nom qui a acquis une certaine notoriété en France. Ils ne sont pas novices dans le milieu du cirque puisqu'ils présentent déjà un numéro sous le nom de Spessardy. Outre un spectacle de qualité, Charles Spiessert décide de moderniser son cirque et de le motoriser. La deuxième guerre mondiale vient, à son tour, mettre un frein à cette expansion, met la modernisation reprend de plus bel ensuite, notamment par le rachat d'un nombre important de véhicules au surplus de l'armée US. Certains d'entre eux circuleront très longtemps sur nos routes, à l'image de la remorque ci-dessous. Il s'agit de la caisse du zoo du cirque. Elle a été utilisée par Pinder jusqu'en 2004 ! 60 ans de bons et loyaux services !

Petit à petit, Charles Spiessert va constituer pour son cirque une flotte de véhicules composée d'abord de Camion Marmon M 426, de Mack NR 14 et de GMC, auxquels viendront ensuite s'ajouter des Bernard, puis des Saviem JL 20. Ces camions tractent des semi-remorques de type "fiche 75" issues des surplus militaires. On retrouve aussi des véhicules moins imposants, tel cet ensemble composé d'un Renault 1000 kgs et d'une caravane Digue.

L'ensemble formé par ce parc routier demeure, à ce jour, l'un des plus beaux jamais mis sur la route par un cirque. Le symbole de cette splendeur et de la réussite du cirque Pinder est, incontestablement, les semi-remorques aménagées en caravane qui accompagnent le chapiteau. Les directeurs de cirque de l'époque se livrent à une véritable surenchère pour posséder la plus belle caravane. On dénombrera jusqu'à une douzaine de semi-caravanes au temps de l'apogée du cirque, dans les années 50, à l'image de celle dont le modèle réduit au 1/50ème vous est présenté ci-dessous.

Il existait trois convois identiques chez Pinder, l'une des trois semi-remorques n'ayant cependant qu'un seul essieu. Ces véhicules ont été fabriqués en 1957 par le carrossier rennais Assomption, bien connu des gens de cirque et des forains. Cette caravane a été commandée pour loger Luis Mariano, vedette de la tournée du cirque Pinder en 1957. Aussi, à l'origine, le nom du chanteur était écrit en grosses lettres sur les flancs du véhicule. Mais cela eu une conséquence que personne n'avait prévue et qui fit que Luis Mariano ne dormit qu'une seule nuit dans cette splendide semi-remorque.

En effet, la caravane était toujours stationnée en façade du cirque, le nom de son illustre occupant constituant une excellente publicité. Le problème fut que, dès la première nuit, les fans de Luis Mariano se massèrent autour du véhicule, le bousculant et chantant sans s'arrêter tous les succès du chanteur qui, évidemment, ne put fermer l'œil de la nuit. Il décidé donc par la suite d'aller dormir à l'hôtel et de n'utiliser sa caravane que comme loge d'artiste.

Outre les véhicules, la volonté de Charles Spiessert d'avoir un cirque à la pointe de la modernité se retrouve également dans le spectacle présenté et les techniques de communication. Ainsi, à côté du spectacle de cirque traditionnel, le chapiteau Pinder accueillera sur sa piste des artistes de variété et de music hall tels que Roger Nicolas, Luis Mariano ou Gloria Lasso. Le cirque présentera également un spectacle sur glace, avec une véritable patinoire montée chaque jour.

Pour la partie communication, Pinder crée sa fameuse cavalcade. Tous les jours, vers midi (heure de sortie des écoles et des bureaux), plusieurs chars quittent le chapiteau pour traverser la ville à grands renforts de musique. Ce défilé, qui constitue un véritable spectacle à luit out seul, est aussi une formidable opération publicitaire pour le cirque. Pinder est en ville et personne ne doit l'ignorer ! Parmi les chars, citons ceux du Lion (monté sur un camion Labourier), celui du dragon, celui de la sirène (un autocar Chausson totalement recarossé) ou encore la réplique exact du carrosse utilisée par la reine Elisabeth II lors de son couronnement. Les deux premiers, après avoir été entièrement restaurés, sont aujourd'hui propriété du musée des arts et traditions populaires.

Dans les années 60, Pinder passe un contrat avec l'ORTF. Chaque jour, le célèbre jeu des mille francs, animé par Lucien Jeunesse, est enregistré sous le chapiteau. C'est, encore une fois, une excellente publicité car l'émission est diffusée le lendemain et l'animateur termine toujours en disant "quand vous écouterez cette émission, le cirque Pinder sera à [tel endroit]".

De 1970 à nos jours : l'ère moderne :

En 1969, l'ORTF met un terme à son partenariat avec le cirque Pinder. Les difficultés économiques commencent. A celles-ci, il faut ajouter le décès de Charles Spiessert en 1971. Ses héritiers ne veulent pas reprendre l'exploitation du chapiteau. Ils décident alors de contacter le comédien Jean Richard, qui exploite depuis quelques temps son propre cirque, et qu'ils savent intéressé.

Jean Richard rachète Pinder en 1972. Il va commencer par remplacer les camions les plus anciens. En effet, certains véhicules issus des surplus de l'armée US sont toujours en service. Le problème est qu'ils ne fonctionnent pas au diesel mais à l'essence et consomment pas loin de 100 litres au 100 kilomètres !! Petit à petit, les premiers Berliet font leur apparition aux côtés des Bernard et des Saviem.

Le spectacle est toujours de qualité mais la gestion de l'entreprise est moins bonne. En effet, outre les cirques Pinder et Jean Richard, le comédien possède aussi un cirque hippodrome à la Villette (sur le site de l'actuelle cité des sciences) et il ne tarde pas à mettre sur la route un troisième chapiteau itinérant. Tous ces cirques finissent par se faire de la concurrence entre eux et le dépôt de bilan devient inévitable. Il est prononcé en 1983.

C'est alors Gilbert Edelstein, un commercial qui travaille depuis de nombreuses années dans le milieu du cirque, qui va sauver le grand chapiteau rouge et jaune. Il rachète les actifs de la société et ne remet sur la route que le seul cirque Pinder qui sera désormais géré comme une entreprise moderne. Le succès est au rendez-vous. Aujourd'hui, Pinder réalise plus de 50% des recettes du secteur du cirque en France et reçoit, au cours de ses 700 représentations annuelles dans 180 villes différentes, 2 000 000 de spectateurs chaque année. Alors, ringard le cirque ?... Ce n'est pas ce que semble laisser penser la foule qui se masse devant l'entrée du cirque, ici installé sur la pelouse de Reuilly à Paris en décembre 2004.

 

Si vous vous trouvez à Paris durant les mois de décembre, ne manquez pas d'aller faire un tour sur cette pelouse. Vous y découvrirez les installations impressionnantes du cirque Pinder. En effet, outre les innombrables véhicules, ce ne sont pas moins de trois chapiteaux qui sont montés chaque année. A côté du "petit" chapiteau de 2 000 places de la tournée, on retrouve un immense vaisseau de 5 000 places et un troisième chapiteau qui sert pour les arbres de Noël des entreprises.

 L'essentiel des convois du cirque Pinder est désormais composé de Renault AE comme celui là :

Il y a cependant deux exceptions notables. Tout d'abord, la semi-caravane de Frédéric Edelstein, dompteur de fauves et fils de Gilbert Edelstein, a abandonné depuis quelques années son tracteur Renault pour un magnifique Kenworth K 900.

Autre exception, le camion qui tracte la semi-remorque transportant le chapiteau. En effet, cette semi est placée au centre du terrain sur lequel va être érigée l'immense toile qu'elle transporte. A l'issue du montage, elle se retrouve donc sous le chapiteau. Or, les Renault AE sont trop hauts pour pénétrer sous le chapiteau et la dégager. C'est donc l'une des rares semi-remorques encore tractée par un camion Renault d'ancienne génération, moins haut que les AE.

LES AUTRES CONVOIS DU CIRQUE

 

 UN RENAULT AE TRANSPORTANT LE MATERIEL DU ZOO

 

 

LE RENAULT AE DE LA SEMI-REMORQUE CAISSE, CI-DESSOUS EN POSITION OUVERTE

 

 

 

 LA SEMI-REMORQUE CUISINE, UN ANCIEN VEHICULE DU CIRQUE ACHILLE ZAVATTA

 

 

 

 UN RENAULT AE TRACTANT L'UNE DES SEMIS DORTOIRS DU PERSONNEL

 

 

 

 CI-DESSUS ET CI-DESSOUS, LES TOUTES NOUVELLES SEMI-REMORQUES TRANSPORTANT LES GRADINS DU CIRQUE

 

 

 

 

 UN DES CAMIONS SERVANT AU TRANSPORT DES FAUVES

 

 

 

CI-DESSUS, LE RENAULT AE TRACTANT LA SEMI-REMORQUE DES GROUPES ELECTROGENES. ET CI-DESSOUS, LE MEME A L'ECHELLE 1/50ème

 

 

 

 

AUTRES CONVOIS DU CIRQUE

 

 

 

 

 

 

 

L'impressionnant ensemble routier formé par le Kenworth K 900 et sa caravane (surtout quand Frédéric, qui est le seul à conduire son camion, fait retentir le klaxon) est à la hauteur du roi de la piste qu'est devenu son propriétaire. En effet, Frédéric Edelstein présente un numéro unique au monde rassemblant une vingtaine de fauves de différentes espèces dans la même cage. C'est devenu le clou du spectacle, ainsi qu'en témoigne la nouvelle décoration arborée par les Ford Transit du cirque Pinder.

 

 

 

APRES AVOIR VU LES FORD (A L'ECHELLE 1 OU AU 1/43ème) AVEC LEUR ANCIENNE DECORATION, DECOUVREZ LES AVEC LA NOUVELLE, INCONTESTABLEMENT PLUS CHATOYANTE...

 

 

DEPUIS 2004, CETTE SPLENDIDE SEMI-REMORQUE ARBORANT, ELLE AUSSI, UNE DECORATION A LA GLOIRE DE FREDERIC EDELSTEIN, CIRCULE AVEC LE CHAPITEAU. ELLE EST TOUJOURS PLACEE EN FACADE DU CIRQUE.

 

Dernière image de cet article, elle sera consacrée a un véhicule très banal : une Renault Clio. Pourtant, cette voiture est essentielle à la bonne marche du cirque. En effet, c'est celle du "traceur", un homme qui se lève plus tôt que les autres puisqu'il précède les autres convois de plus d'une heure. Son rôle est d'indiquer l'itinéraire aux chaufeurs, ces derniers, venus pour la plupart d'Europe de l'Est, ne connaissant pas la géographie de noter pays et ne savant pas toujours lire les panneaux indicateurs en français. Peut être avez-vous ainsi remarqué d'étranges flèches blanches tracées à la chaux sur le bas côté de la route à des intersections. Si c'est le cas, vous avez vraisemblablement croisé la route du cirque Pinder...

 

 

 

 

 

 

Par Enzo
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Vendredi 2 décembre 2005

La Peugeot 203

Une des toutes premières Peugeot 203 produites. Outre l'état de conservation remarquable, notez l'immatriculation d'origine...

 

La 203, premier modèle produit par Peugeot après la guerre, connaît une longue gestation. En effet, si la voiture est officiellement présentée au public le 7 octobre 1948 lors du salon de l'auto de Paris, c'est en 1944 que les premiers croquis de la voiture apparaissent, le premier prototype datant, pour sa part, de 1946.

 

 

La ligne de la 203, au demeurant superbe, est très largement inspirée des modèles américains de l'époque. Côté mécanique, la voiture est le premier modèle de Peugeot à coque autoporteuse. Elle est dotée d'un moteur à chambres d'explosion hémisphériques et de soupapes en V. C'est un 4 cylindres en ligne monté à l'avant de la voiture, mais la 203 reste une propulsion arrière.

 

 

Dès son lancement, la 203 connaît un remarquable succès auprès du public. Rapidement, les délais de livraison atteignent 18 mois ! Au total, à la fin de l'année 1960, qui marque le passage de relai entre la 203 et la 403, ce sont 700 000 exemplaires qui auront été produits.

 Peugeot 203 berline

Outre la berline bien connue, on voit apparaître une version découvrable en 1949, des utilitaires en 1950 (pick up bâché, fourgonnette surnommée "le pot à tabac" en raison de sa caisse arrière de forme carrée, ou, plus classiquement, inspirée de la version braek ou familiale de la voiture) et un cabriolet en 1951.

Deux miniatures de la Peugeot 203 réalisées par Solido : une berline et une découvrable

 

 

 

Les Peugeot 203 utilitaires

 

 

Ci-dessus, la 203 commerciale peut difficilement nier sa parenté avec la version break ou familiale. Ci-dessous, la 203 surnommée "le pot à tabac", ici dans une version Pinder. Le cirque l'avait confiée à ses afficheurs.

 

 

Les versions coupé et cabriolet

 

 

 

Une autre série spéciale sera produite à une quinzaine d'exemplaires à la fin des années 50. Il s'agit d'une version spécialement étudiée pour les besoins des équipes d'assistance du Tour de France. Le modèle est un cabriolet dépourvu de portière.

 

 

Par Enzo
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Mercredi 4 janvier 2006

BONNE ANNEE 2006 !!

Oui, je vous souhaite, à vous tous qui me faites l'honeur de visiter mon blog, une excellente année 2006. Que les douze prochains mois soient synonymes de santé, de réussite, de joie et de bonheur pour vous-même et tous ceux qui vous sont chers.

Concernant ce blog, après une "jachère" d'une dizaine de jours pour respecter la trève des confiseurs, il devrait monter progressivement en puissance au cours de cette année, afin d'essayer de vous faire partager ma passion de l'automobile, grande ou petite, à travers des reportages thématiques.

Quel sera le programme de cette année ? Il est loin d'être fixé ! D'ailleurs si vous souhaitez voir des thèmes abordés en particulier, n'hésitez pas à me contacter. Je peux néanmoins vous annoncer un premier article mis en ligne dans le courant de la semaine prochaine et consacré à Peugeot et à son parcours dans le sport automobile depuis 45 ans. Vous retrouverez les modèles, les courses, les pilotes et tout ce qui a permis à la marque sochalienne de ce hisser au meilleur niveau.

Viendront ensuite une rétrospective de l'histoire de la marque de voiture miniature Norev, qui a fait les beaux jours de nombreux enfants avant de connaitre les affres de l'économie, puis de rebondir et de retrouver un second souffle. Il y a tant à dire sur cette société, et tant de photos pour illustrer cette histoire, que la rétrospective devrait se faire sous la forme de trois articles successifs.

Enfin, autre projet en cours d'élaboration, un article consacré aux véhicules du cirque Pinder. Mais après avoir présenté les véhicules actuellement utilisés par ce cirque, nous nous tournerons vers le passé et reviendront sur les véhicules mythiques des convois des années 50-60 qui faisaient la fierté de leur propriétaire et dont, hélas, bien peu subsistent aujourd'hui.

A terme, et si j'en trouve le temps, je souhaite mettre en ligne deux articles par mois. Il y a donc du pain sur la planche jusqu'à la fin de l'année. Je retourne donc m'y mettre de ce pas pour peaufiner l'histoire de Peugeot sport. Je vous donne rendez-vous la semaine prochiane, non sans vous avoir à nouveau souhaité une très très bonne année 2006.

Merci de votre fidélité

Par Enzo
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Dimanche 8 janvier 2006

PEUGEOT ET LE SPORT AUTOMOBILE : 45 ANS DE PASSION (1ère PARTIE)

1960 - 1970 : LES ANNEES 404

On peut situer le début de l'aventure Peugeot en sport automobile aux années 60. Certes, on retrouve bien, au cours des années antérieures, des traces de participation de modèles Peugeot à différentes compétitions, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous, mis à part quelques performances intéressantes réalisées par des 403 dans la coupe des Alpes. Aussi, je rappelerai simplement pour mémoire les participations de modèles Peugeot aux 24 heures du Mans 1938 (avec une belle 5ème place finale) et 1953, et les trois victoires remportées aux 500 miles d'Indianapolis par des Peugeot en 1913, 1916 et 1919.

 

La véritable aventure sportive de Peugeot débute en 1961 avec la 404. Cela peut sembler surprenant car, si ce modèle bénéficie, à juste titre, d'une réputation de berline solide et fiable, on s'attend moins à voir cette voiture rivaliser avec des modèles plus sportifs. En réalité, c'est sur un type de course bien spécifique que les 404 vont s'illustrer : les rallyes africains, et en particulier le Safary Rally du Kenya.

 

C'est en effet un concessionnaire Peugeot de Nairobi qui est le premier à adapter des 404 pour ces compétitions. Et le succès ne se fait pas attendre, puisque dès 1961, le kenyan Zbignizw Nowicki sort vainqueur de sa catégorie au Safary. En 1962 il termine second de cette même épreuve, et c'est finalement en 1963 qu'arrive la consécration avec la victoire de sa 404 au terme d'un rallye éprouvant que seules 7 voitures sur les 84 engagées termineront. Ces sept rescapés prendront le surnom des "sept insubmersibles" en raison des pistes africaines transformées en véritable bourbier par des pluies plus précoces que d'habitude.

La 404 de Nowicki au Safari Rally de 1968

En 1968, Nowicki réédite son exploit et remporte à nouveau le Safary Rally, et ce dans des conditions quasi similaires à celles de 1963. Une fois encore, la pluie vient jouer les troubles fêtes et seules 7 voitures sur les 92 présentes au départ terminent la course. La 404 est cependant équipée d'un moteur différent de celle de 1963, l'injection ayant fait son apparition.

 

Les 404 participent au Safary Rally de 1961 à 1969 et remporte au total quatre victoires dans cette épreuve, dont trois consécutives en 1966, 1967 et 1968, les éditions de 1966 et de 1967 étant gagnées par Bert Shankland. Ces succès ne sont d'ailleurs pas étranger à la très grande popularité de la marque au lion sur le continent africain, les voitures ayant prouvé leur robustesse sur un terrain pas toujours tendre… Pour terminer, on notera que la 404 s'est également imposée aux 1000 miles de Tanganyaki en 1964 et au rallye d'Argentine en 1965.

1970 - 1978 : LA 504 PREND LA RELEVE

Au début des années 70, le championnat du monde des rallyes n'existe pas encore. Aussi, les marques et les pilotes participent à diverses courses dans le monde, mais sans une réelle uniformité, chacun adaptant sa stratégie et ses engagements en fonction des aptitudes de son modèle.

 

Après les rallyes africains, Peugeot s'attaque aux rallyes européens avec sa 504. En 1970, deux modèles équipés d'un moteur de 100 cv sont engagés au tour de Corse, pilotés par Guichet et un certain Jean Todt… Deux 304, confiées à Jabouille et Flocon, viennent compléter les rangs. Mais les résultats ne suivent pas. La voiture, notamment de par son gabarit, est inadaptée à ce genre de course qui est dominé de façon insolente par les Alpine A 110, beaucoup plus petites et légères. Peugeot décide donc de retourner sur les pistes d'Afrique qui ont fait son succès.

 

La 504 voit son chassis renforcé, reçoit un réservoir supplémentaire de 120 litres et un blindage pour ses organes vitaux. Malgré le poids de la voiture qui augmente inévitablement, Peugeot remporte en 1975 les trois rallyes africains que sont le Safary, le rallye de Côte d'Ivoire et celui du Maroc.

A droite, la 504 de Jean-Pierre Nicolas, à gauche, un modèle moins réaliste signé Norev

En 1976, Peugeot confirme ces bonnes performances puisque ce ne sont pas moins de cinq 504 qu'on retrouve aux cinq premières places du rallye de Côte d'Ivoire, Makinen étant sacré vainqueur. De son côté, Jean-Pierre Nicolas s'impose au rallye du Maroc.

 

C'est aussi à partir de cette année que la berline 504 est remplacée en compétition par la version coupé équipée du moteur V6. C'est au volant de cette voiture que Jean-Pierre Nicolas remportera le Safary Rally  et le rallye de Côte d'Ivoire en 1978, année à l'issue de laquelle Peugeot décide d'abandonner la compétition.

1984 - 1988 : LE SACRE DE LA 205 TURBO 16

La 205 turbo 16 de première génération

La marque au lion revient à la course en 1984 avec une voiture qui va devenir mythique : la 205 turbo 16. Mais la course automobile a considérablement évolué. Le championnat du monde des rallyes est né et il n'est plus question d'espérer gagner une course avec une voiture de série à peine améliorée. La 205 turbo 16 n'a donc pas grand chose à voir avec ses cousines vendues en concession. De son côté, Peugeot met sur pied une équipe sportive digne de ce nom, avec à sa tête Jean Todt et le finlandais Ari Vatanen comme premier pilote, la seconde auto étant confiée à Jean-Pierre Nicolas.

 

La voiture est présentée en 1982. Plus petite que ses devancières 404 et 504, elle est beaucoup mieux adaptées aux rallyes européens. C'est une quatre roues motrices (Audi ayant montré la voie en ce domaine avec sa Quattro) équipée d'un moteur turbo, monté en position transversale centrale, de 450 cv pour 900 kg. On est à des années lumières des 100 cv de la 504 !!…

 

La 205 turbo 16 est homologuée pour le championnat du monde des rallyes de 1984. Pour l'occasion, 200 voitures civiles destinées à la vente sont produites. Elles arborent toutes une livrée gris anthracite moins chatoyante que la version course. Un modèle en bon état se négocie aujourd'hui aux alentours de 25 000 €.

 

La voiture fait ses grands débuts au Tour de Corse et Vatanen fait honneur aux espoirs qu'il porte : il domine très vite la course. Mais la réputation d'attaquant toujours à la limite de la zone rouge du finlandais volant n'est pas usurpée. Et à force de prendre des risques, il détruit sa voiture au troisième jour de course. Ce n'est que partie remise, puisque la 205 turbo 16 s'imposera aux rallyes des 1000 lacs, de San-Remo et de Grande-Bretagne.

 

En 1985, Peugeot décide d'engager une troisième voiture. Vatanen reste le fer de lance de l'équipe, mais Nicolas s'en va. Arrivent alors Salonen et le français Bruno Saby. La saison débute plutôt bien pour Ari Vatanen qui s'impose au Monte-Carlo et en Suède, mais le finlandais est victime d'un terrible accident au rallye d'Argentine. Il reste entre la vie et la mort pendant plusieurs jours et doit finalement arrêter sa carrière. Tout le monde pense alors qu'on ne le reverra plus au volant d'une voiture de course. L'avenir démentira…

 

Après ce tragique épisode, c'est Salonen, mieux placé au classement du championnat des pilotes, qui devient le leader de l'équipe. Il s'impose aux rallyes des 100 lacs, d'Argentine, de l'Acropole et de Nouvelle-Zélande, devenant ainsi le premier pilote champion du monde au volant d'une Peugeot. Jean Todt a de quoi être satisfait car le lion réalise le doublé en remportant également le titre constructeur.

La 205 turbo 16 évolution 2

En 1986, la voiture subit quelques modifications et devient la 205 turbo 16 "évolution 2". Yuha Kankkunen vient renforcer l'équipe en lieu et place d'Ari Vatanen, Saby et Salonen conservant leur volant. Le français s'impose au Tour de Corse (un rallye endeuillé par le terrible accident qui coûta la vie au pilote Lancia Toivonen), Salonen au RAC Rally et aux 1000 lacs, et Kakkunen remporte les rallyes de Suède, de l'Acropole et de Nouvelle-Zélande. Ces résultats permettent à Peugeot de conserver son titre de champion du monde des constructeurs. Mais le titre de champion du monde des pilotes revient à Marku Alen, décidément impérial au volant de sa Lancia Delta.

 

A la fin de la saison 1986, et suites à plusieurs accidents graves, Jean-Marie Ballestre, alors président de la FIA, décide de supprimer le groupe B en rallye. Sa décision est alors très vivement critiquée. Il est vrai que les voitures du groupe B assurait le spectacle. Mais les limites du raisonnable avaient été atteintes, voire dépassées. Les constructeurs étaient lancés dans une surenchère de puissance sans fin de leurs modèles. Et malgré tout leur talent, il devenait fou de laisser les pilotes au volant de ces monstres sur des courses au tracé sélectif.

Suite à cette décision, Peugeot décide de se retirer du championnat du monde des rallyes. Pour autant la marque française n'abandonne pas la compétition et retourne, une fois encore, à ses premiers amours : les rallyes africains. A la différence des rallyes européens, plus médiatiques, les courses africaines ont moins évolué vers le professionnalisme. Certes, les berlines de série ont été remplacées par des 4X4 plus ou moins préparés, mais on reste encore dans un milieu d'amateurs.

 

A titre quelque peu anecdotique, on retiendra également que la 205 turbo 16 participe à l'édition 1987 de la course de Pikes Peak, célèbre course de côte qui se déroule aux Etats-Unis (dans le Colorado) dans des conditions extrêmes, tant pour les hommes que pour les machines. Mais Peugeot ne pourra rien faire face à la redoutable Audi Quattro et à Röhrl qui la pilote et parvient à établir un nouveau record en effectuant le parcours en moins de onze minutes. Mais revenons en au Dakar.

La 205 turbo 16 grand raid

Avec l'arrivée de Peugeot, tout va changer. Sur le Paris-Dakar 1987, Jean Todt débarque avec une assistance lourde composée de camions Mercedes et d'une trentaine de mécaniciens qui, chaque nuit, s'évertueront à remettre la 205 en état pour le lendemain.

 

La voiture, devenue 205 turbo 16 "grand raid", a subi des modifications. Extérieurement, elle est plus longue que la 205 turbo 16 évolution 2, son chassis ayant été rallongé de 30 cms. La répartition des masses est également modifiée, pour éviter que la voiture parte en tonneau au franchissement des dunes, les suspensions sont rehaussées, les doubles triangles rallongés, un réservoir supplémentaire de 400 litres est installé et le moteur voit sa puissance abaissée… à 380 cv tout de même...

Comparaison des deux 205 turbo 16 évolution 2

Pour l'édition 1987, Peugeot engage trois voitures, confiées à Zanussi, au kenyan Mekta (dont la carte de visite arbore cinq victoires au Safary Rally) et à Ari Vatanen, dont c'est le grand retour à la compétition après 18 mois d'absence au volant d'une voiture qui arbore fièrement sur ses flancs le numéro… 205 bien sûr. Les moqueries vont cependant bon train sur ce retour que beaucoup voit déjà comme perdant, le style de conduite agressif du finlandais étant présenté comme inadapté au Dakar qui est, avant-tout, une épreuve d'endurance. Et pourtant… Vatanen va vite faire taire les médisants. Il gagne le rallye haut la main, la 205 se payant le luxe de remporter 11 spéciales sur les 21 que comporte l'épreuve.

 

Cependant, malgré ce succès, l'aventure africaine de Peugeot n'a pas pour but de se poursuivre. Jean Todt a prévu d'engager ses voitures sur le Paris-Pékin, mais rien de plus. Mais finalement, à défaut d'autre programme, la marque sochalienne va persister dans cette catégorie de courses.

Les trois 205 turbo 16 : un trio devenu mythique !!

En 1988, la 205 cède sa place de vedette à la toute nouvelle 405 turbo 16. Pour autant, elle n'est pas remisée au musée. Deux exemplaires sont engagés sur le Paris-Dakar pour servir d'assistance rapide aux deux 405. Les volants des 205 sont confiés à Kankkunen, passé lui aussi aux pistes africaines, et à Ambrosino. Pour leur part, les 405 vont à Vatanen et à l'inusable Henri Pescarolo. Par rapport aux 205, le moteur gagne en puissance, passant à 400 cv, et le chassis est légèrement rallongé.

 

Les moyens déployés par Peugeot atteignent des sommets. Outre les 205, deux P4, le 4X4 développé par Peugeot en collaboration avec Mercedes et essentiellement destiné au marché militaire, viennent compléter l'assistance rapide. Et ce ne sont pas moins de sept camions qui suivent l'équipe, passée de 30 à 60 personnes ! Le Dakar est désormais en voie de professionnalisation. Tous les teams qui veulent espérer rivaliser avec le lion sont contraints de suivre le rythme imposé par Jean Todt et d'engager des moyens techniques, humains et financiers très importants. Du coup, les participants amateurs, surnommés "les poireaux", ne peuvent plus espérer la victoire. Pour certains, l'esprit du Dakar a été tué par Peugeot. Pour d'autres, ce sont les successeurs de Thierry Sabine, tragiquement décédé lors de l'édition 1986, qui n'ont pas su conserver l'esprit de l'épreuve.

 

Mais revenons à la course. Celle-ci débute de la plus mauvaise manière qui soit pour Ari Vatanen qui, poussant toujours sa voiture à la limite, part en tonneaux durant le prologue et pointe finalement à la 274ème place avec une 405 sérieusement endommagée. Après réparation, le finlandais se lance dans une folle remontée et reprend finalement les commandes du rallye dès la huitième étape ! Mais il est écrit que Vatanen ne remportera pas cette édition 1988.

 

En effet, une péripétie pour le moins inattendue va survenir : la 405 turbo 16 de Vatanen est volée pendant dans la nuit dans le parc fermé du bivouac ! Les rumeurs les plus folles circulent à propos de cet épisode, mais la version officielle affirmera que la voiture a été volée par un maître chanteur local… Et si la Peugeot est finalement retrouvée, cette affaire coûte 1 h 30 de pénalité à Vatanen qui ne pointe pas sur la ligne de départ à l'heure voulue. Incapable de refaire un tel retard, le finlandais est finalement mis hors course trois jours plus tard.

 

Reste donc la seconde 405, confiée à Henri Pescarolo. La voie de la victoire semble libre, malheureusement le sort va en décider autrement : le français part en tonneaux au cours d'une étape, endommageant à son tour très sérieusement sa voiture. Cet accident lui fait accuser un tel retard qu'il ne pourra plus revenir jouer les premières places.

 

Du coup, c'est Kankkunen, à qui Jean Todt avait judicieusement demandé de se tenir dans le sillage des deux pilotes phares de l'équipe, qui prend la tête de la course qu'il remporte finalement, offrant une seconde victoire consécutive à Peugeot et à la 205 turbo 16 grand raid. La 405 de Vatanen s'imposera néanmoins lors des rallyes de Tunisie et de l'Atlas, démontrant ainsi que l'auto est au point.

Le pilote finlandais va également participé à la course de côte de Pikes Peak où, comme l'année précédente, Peugeot est présent. Pour cette occasion, la 405 turbo 16 a connu de sérieuses modifications : en plus d'être motrices, les quatre roues deviennent directrices, la boite de vitesse s'offre un sixième rapport, et le moteur se muscle quelque peu pour atteindre 520 cv !! Côté extérieur, c'est l'énorme aileron placé sur l'arrière de la voiture qui frappera les esprits.

 

La marque sochalienne a bien assimilé les raisons de son échec de l'année passée et a su corriger ce qui n'allait pas. Car non seulement Vatanen s'impose, mais en plus il pulvérise le record établi par Röhrl l'année précédente, avec un temps de 10 minutes 47 secondes et 22 centièmes, soit plus de dix secondes de mieux ! Un titre de plus pour Peugeot…

 

Côté Dakar, en 1989, Peugeot aligne à nouveau deux 405 turbo 16 et deux 205 turbo 16 grand raid au départ du rallye. Mais seul Vatanen subsiste parmi les pilotes. Fréquelin et Wambergue ont remplacé Kankkunen et Ambrosino au volant des 205, et Jacky Ickx, qu'on ne présente plus, remplace Henri Pescarolo sur la deuxième 405.

La 405 turbo 16 dans les deux livrées qui seront les siennes eu gré des partenariats commerciaux

Très rapidement, les lions font prennent les choses en main. Mais les deux pilotes leaders se livrent une bataille sans merci et sont au coude à coude. Si Vatanen est chez lui parmi l'équipe Peugeot, Ickx profite de son expérience en rallye raid. Ainsi, lors de la journée de repos à Agadès, le duel fratricide des deux pilotes tourne légèrement à l'avantage du belge qui se retrouve devant le finlandais, notamment parce que ce dernier a, encore une fois, raté son prologue, au cours duquel il est à nouveau parti en tonneaux !

 

Après Agadès, la lutte reprend de plus belle, Ari Vatanen revenant petit à petit sur Jacky Ickx. Tout le monde s'attend alors à un final de rêve. Mais Jean Todt ne l'entend pas de cette oreille. Il redoute que la guerre que se livrent ses deux pilotes n'entraine pousse ou l'un ou l'autre, voire même les deux, à la faute et que, finalement, la victoire n'échappe aux 405 comme ce fut le cas l'année précédente. Mais cette fois, il n'y a pas de 205 en embuscade à la troisième position. Todt choisit alors d'assurer la victoire et prend la décision, en accord avec ses pilotes, de jouer la course à pile ou face ! cela provoque un nouveau scandale tant sur le Dakar que dans le monde sportif en général, beaucoup estimant que l'éthique est ici bafouée au profit des intérêts économiques et commerciaux de la marque…

 

Quoi qu'il en soit, le sort est avec Vatanen : la pièce de monnaie le désigne vainqueur. Jacky Ickx le laisse donc prendre les commandes de la course. Et si il reste ensuite sagement derrière son coéquipier, sa 405 n'est jamais très loin de celle de Vatanen, histoire de montrer qu'à la régulière il aurait très probablement remporté ce rallye. La victoire revient donc à Vatanen, Ickx terminant deuxième. Le belge se consolera avec sa victoire à la Baja espagnol, mais un succès dans cette course ne vaut évidemment pas une première place au Dakar…

 

En 1990, on retrouve à nouveau deux 405 et deux 205. Jacky Ickx, sans doute échauder par l'épisode de l'année précédente, quitte Peugeot pour Lada. Il est remplacé par Bjon Waldegaard. Côté 205, Ambrosino signe son retour en lieu et place de Guy Fréquelin, parti développer le team Citroën Sport, appelé à remplacer Peugeot en rallye raid. En effet, la marque sochalienne a décidé de se tourner vers de nouveaux horizons sportifs. On voit donc apparaître des ZX Rallye raid au cours de l'année 1990. Il s'agit en réalité de 405 turbo 16 sur lesquels on a monté une nouvelle carrosserie.

 

Comme au cours des trois dernières éditions, Peugeot écrase la concurrence. On retiendra donc simplement que l'aventure en rallye raid de la marque se termine en apothéose, puisque pour sa dernière participation Jean Todt aligne trois voitures aux trois premières place de la course : 1er Vatanen, 2ème Waldegaard et 3ème Ambrosino.

La suite de l'aventure Peugeot dans une semaine...

Par Enzo
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